Président du conseil d'administration et directeur général en discussion

Clés d’une bonne relation entre la présidence du CA et la direction générale

2026-09-27

Gouvernance

Sommaire

 

Une bonne relation entre la présidence du conseil d’administration et la direction générale figure parmi les facteurs qui contribuent le plus à une gouvernance saine. Lorsqu’elle fonctionne bien, cette relation favorise une organisation mieux alignée, une prise de décision plus fluide et un conseil qui joue pleinement son rôle de gouvernance.

Cette relation demande néanmoins un travail constant. Les rôles peuvent s’entrecroiser, les attentes peuvent diverger, et la proximité nécessaire à une bonne collaboration peut, dans certains contextes, brouiller les lignes de gouvernance si elle n’est pas encadrée avec soin. Plusieurs présidences et plusieurs directions générales apprennent à naviguer cette relation sur le tas, sans toujours avoir accès à des repères clairs sur ce qui distingue une collaboration saine d’une dynamique qui glisse tranquillement vers la confusion des rôles.

Pourquoi la relation entre la présidence du CA et la direction générale est stratégique

La présidence du conseil et la direction générale occupent des rôles distincts, mais complémentaires. La première assume la gouvernance et la reddition des comptes du conseil, alors que la seconde porte la gestion quotidienne de l’organisation. Une collaboration fluide entre ces deux rôles contribue à une circulation d’information plus claire, à des décisions mieux préparées et à un climat de confiance qui profite à l’ensemble de l’organisation.

À l’inverse, une relation mal définie peut générer de la confusion sur les responsabilités de chacun, ralentir certaines décisions ou créer des tensions qui débordent parfois jusqu’aux autres administrateurs. Ces situations peuvent aussi affecter le reste de l’équipe de direction, qui perçoit généralement assez rapidement lorsque la relation entre la présidence et la direction générale se détériore, même sans en connaître les détails.

L’enjeu dépasse donc largement les deux personnes concernées. Une gouvernance saine repose en bonne partie sur cette relation, puisqu’elle donne le ton pour l’ensemble des interactions entre le conseil et la direction de l’organisation.

Clarifier les rôles et les zones de responsabilité

Une collaboration solide commence généralement par une compréhension partagée des responsabilités respectives.

 

Dimension Présidence du conseil Direction générale
Rôle principal Gouvernance, orientation stratégique et reddition de comptes du conseil Gestion quotidienne et mise en œuvre des orientations approuvées
Horizon Vision à moyen et long terme de l’organisation Exécution et suivi des opérations courantes
Reddition de comptes Envers le conseil et, souvent, les membres ou l’assemblée générale Envers le conseil, par l’intermédiaire de la présidence
Exemple de responsabilité Coordonner l’évaluation annuelle de la direction générale Préparer les recommandations soumises au conseil

 

Cette répartition peut varier selon la taille, la maturité et le secteur de l’organisation. Certains conseils optent pour une charte ou un mandat écrit qui précise les zones de décision de chacun, ce qui peut aider à prévenir les malentendus, particulièrement lors de l’arrivée d’une nouvelle présidence ou d’une nouvelle direction générale.

Un mandat écrit n’élimine pas toutes les zones grises, mais il donne un point de référence commun auquel revenir lorsque les rôles semblent s’entrecroiser. Il peut aussi faciliter grandement la transition lors d’un changement de personne à l’un ou l’autre des deux rôles, en évitant que les repères informels développés au fil du temps ne se perdent d’un coup.

Établir une communication régulière et structurée

La fréquence et la structure des échanges influencent grandement la qualité de la relation. Plusieurs organisations bénéficient de rencontres individuelles régulières entre la présidence et la direction générale, en dehors des réunions officielles du conseil, pour discuter des enjeux courants avant qu’ils ne deviennent urgents.

  • Des rencontres individuelles à fréquence fixe, par exemple toutes les deux semaines ou tous les mois selon les besoins de l’organisation
  • Un ordre du jour partagé en amont des réunions du conseil, pour éviter les surprises de part et d’autre
  • Un espace pour aborder les enjeux sensibles avant qu’ils ne soient présentés à l’ensemble du conseil
  • Une évaluation périodique de la relation elle-même, souvent intégrée au cycle d’évaluation du conseil

Ces rencontres n’ont pas besoin d’être longues ou formelles pour être utiles. Dans plusieurs organisations, un court échange de trente minutes suffit à maintenir une communication fluide, à condition qu’il ait lieu de façon prévisible et qu’il ne soit pas systématiquement reporté au profit d’autres priorités.

rencontre individuelle entre la présidence et la direction générale

Construire la confiance sans effacer la ligne de gouvernance

La confiance entre la présidence et la direction générale favorise des échanges plus francs et une meilleure circulation de l’information. Cette proximité doit toutefois demeurer compatible avec le rôle de supervision qui revient au conseil. La présidence gagne à maintenir une distance suffisante pour continuer à exercer un jugement indépendant, notamment lors de l’évaluation annuelle de la direction générale.

Un climat de confiance ne signifie pas non plus l’absence de désaccords. Une relation mature permet d’exprimer des divergences de vues sans que cela ne fragilise la collaboration, tant que les échanges demeurent respectueux et orientés vers l’intérêt de l’organisation. Certaines des collaborations les plus solides entre une présidence et une direction générale reposent justement sur cette capacité à exprimer un désaccord ouvertement, plutôt que de l’éviter par crainte de nuire à la relation.

Trouver cet équilibre entre proximité et indépendance demande du temps et des ajustements. Il n’existe pas de recette universelle qui convient à toutes les organisations, mais la plupart des relations qui fonctionnent bien partagent ce même souci de préserver à la fois la confiance et la capacité du conseil à exercer son jugement de façon indépendante. L’Institut sur la gouvernance des organisations privées et publiques (IGOPP) aborde d’ailleurs ce défi en détail dans ses publications sur la présidence de conseil.

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Quelques tensions courantes à surveiller

Certaines situations reviennent fréquemment et méritent une attention particulière, sans qu’elles ne découlent nécessairement d’une seule cause identifiable.

  • Une présidence qui s’implique de façon soutenue dans des décisions opérationnelles qui relèvent normalement de la direction générale
  • Une direction générale qui limite l’information transmise au conseil, volontairement ou non
  • Un flou dans les attentes réciproques, particulièrement lors d’un changement de personne à l’un ou l’autre des deux rôles
  • Une absence de rétroaction structurée entre les deux parties tout au long de l’année

Ces situations gagnent généralement à être abordées directement, plutôt que d’être laissées à s’accumuler jusqu’à la prochaine évaluation annuelle. Un enjeu discuté rapidement, même de façon informelle, se règle souvent plus facilement qu’une frustration qui s’est installée depuis plusieurs mois sans avoir été nommée clairement par l’une ou l’autre des parties.

Une relation entre la présidence et la direction générale à entretenir dans le temps

Cette relation n’est jamais complètement acquise. Elle évolue avec les personnes en place, les enjeux de l’organisation et le contexte dans lequel celle-ci opère. Y consacrer une attention régulière, plutôt que d’attendre qu’un problème survienne, contribue à maintenir une gouvernance solide et une organisation mieux alignée sur ses priorités.

Les organisations qui investissent du temps dans cette relation, année après année, en retirent généralement une gouvernance plus stable, un conseil mieux informé et une direction générale qui se sent véritablement soutenue dans l’exercice de ses fonctions.

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FAQ

Comment se déroule une bonne relation entre la présidence du conseil d’administration et la direction générale?

Une relation efficace entre la présidence du conseil d’administration et la direction générale repose généralement sur des rôles bien compris, une communication régulière et un climat de confiance mutuelle. Les deux parties gagnent à clarifier leurs zones de responsabilité respectives dès le départ, à instaurer des rencontres individuelles à intervalle fixe et à revoir périodiquement la qualité de leur collaboration, plutôt que d’attendre qu’un problème survienne pour s’y attarder sérieusement et durablement.

Qui devrait initier les rencontres individuelles entre la présidence et la direction générale?

Cela varie selon les organisations. Dans plusieurs cas, la présidence prend l’initiative, puisque cela relève de son rôle de gouvernance, mais certains conseils préfèrent une responsabilité partagée entre les deux parties. L’important demeure surtout que ces rencontres aient lieu à intervalle régulier, peu importe qui en prend l’initiative, afin de maintenir un dialogue ouvert et prévisible entre les deux rôles tout au long de l’année.

Que faire si la relation se détériore entre les deux parties?

Un dialogue direct entre les deux parties constitue souvent le premier pas pour désamorcer une tension naissante avant qu’elle ne s’aggrave. Lorsque les tensions persistent malgré cet échange, l’accompagnement d’un tiers, comme un comité de gouvernance ou une ressource externe en gouvernance, peut aider à rétablir un dialogue constructif et à clarifier les attentes réciproques qui semblent s’être brouillées au fil du temps entre les deux rôles.